samedi 4 juillet 2015

Déclaration sur la conjoncture au Congo-Brazzaville

Point de vue sur le dialogue

Il y a un mois, le régime de Brazzaville a consulté des personnalités de la classe politique Congolaise. L'objet de ces consultations est resté imprécis. L'opinion publique a cependant décrypté les intentions cachées du régime visant à rallier à sa cause le maximum de personnalités, à défaut d'une allégeance des partis politiques. En clair, une quête d'adhésion au projet de se maintenir au pouvoir quel qu'en soit le prix. A ce jour, l'opinion constate l'inexistence de conclusion officielle que contrediraient nul doute ces invités opportunistes. La fuite en avant relative à l'annonce de la tenue d'un dialogue confirme que le chef de ce régime gouverne le pays de façon totalitaire et unilatérale. Que le peuple congolais subit ce régime qui use des alibis socio-politiques pour assouvir sa lutte au maintien. Dans un fonctionnement normal, la conjoncture du pays se lit à travers l'avis consultatif des instances de conseil institutionnelles prévues à cet effet. En s'écartant des ses instances, le régime a volontairement et à dessein dévié de ce cadre pour agiter l'opinion et amener la société dans des turbulences inutiles. Nombreux sont les observateurs qui s'étonnent de cette démarche politique au crépuscule du mandat du chef des rebelles du 5 juin 1997.
Force est de constater, une fois de plus, que le Congo-Brazzaville entre dans une zone d'incertitudes politiques, présage à des lendemains de mauvaise augure. Face à cette nouvelle donne, l'Alternative Congolaise pour une Transition d'Etat (ACTE) expose les observations suivantes.
Les consultations du régime ont été motivées par des raisons subjectives et concernent avant tout la situation personnelle de monsieur Sassou-Nguesso. Cette situation est caractérisée par la nature de son régime issu de la prise violente de pouvoir par coup d'Etat en octobre 1997. Les conséquences sont la gestion chaotique et sanglante du pays. Sa démarche entamée il y a un mois projette au plan national les soucis personnels d'un homme et relève de la pure provocation. L'ACTE rappelle que le régime ne souffre d'aucune crise institutionnelle. Par contre, son chef lui visiblement est en crise existentielle intérieure.
D'évidence, Sassou-Nguesso écoute ses invités, tait ses pensées mais pose des actes renvoyant ses interlocuteurs à leur propre interprétation. Son silence n'est empreint d'aucune sagesse car l'homme n'a rien à déclarer à l'opinion que ne dit déjà sa Constitution de 2002. L'ACTE considère que, si d'aventure monsieur Sassou a quelque message à adresser aux congolais, la place indiquée pour ce message est son parlement nommé. Il n'a nullement besoin d'inviter des individus sans rang institutionnel dans son système de gouvernance. En forçant le passage, il engage un bras de fer avec les opposants à son régime et fait un pied de nez à l'opinion internationale. En sortant de ses sentiers institutionnels, il aborde une approche relevant de la palabre. C'est à dire, un conciliabule qui place les acteurs sur un plan d'égalité, en l'occurrence de citoyens ordinaires.
L'ACTE considère que lorsqu'un pouvoir remet sa légitimité au dialogue, ce pouvoir se s'aborde de fait. Par voie de conséquence, en toute légitimité, un tel dialogue revêt automatiquement un caractère souverain pour que ses conclusions refondent l'Etat.
Par ailleurs, l'Etat PCT confirme sa nature de parti inféodé incapable de s'auto régénérer.  Ses querelles intestines des années passées entre les conservateurs et les refondateurs ont créé une nébuleuse de personnalités qui, par hégémonie politique, s'éparpillent et se fendent dans l'opposition au lieu d'assumer leur qualité de dissidents internes au PCT non au régime. En réalité, ces dignitaires sont des opportunistes qui espèrent une rotation d'homme au sein de leur système. Leur conception, leurs pratiques politiques et leur culture sont aux antipodes du changement démocratique initié par la Conférence Nationale Souveraine de 1991. Leur déploiement relève de la tactique qui obéit à la logique de conservation du pouvoir acquis par les armes et géré comme butin de guerre.
En conséquence, l'ACTE qualifie ces consultations d'agitation politique aux relents putschistes dans le but de pérenniser le système actuel. Cette agitation témoigne néanmoins de la nécessité d'un dialogue entre congolais. Un tel dialogue aurait le mérite de refonder la république sur des bases saines et authentiques. La république ne doit plus continuer à être gérée telle qu'elle a été conçue par les révolutionnaires et marxistes du PCT. Elle doit opérer un changement en profondeur et en surface. En profondeur, la république doit se refonder à partir des normes démocratiques universelles en s'inspirant des paradigmes propres aux bantu pour son existence. En surface, l'homme politique et le citoyen doivent retrouver ces valeurs civilisationnelles Bantu pour se mouvoir dans le vivre ensemble.
La paix au Congo est à ce prix !
Ainsi :  
Premièrement, l'ACTE rappelle ses exigences du départ sans condition de Sassou-Nguesso et de son système. Car, depuis sa présence au pouvoir, les dialogues initiés par lui n'ont jamais convaincu personne. C'est un procès en illégitimité que les congolais lui ont toujours fait du fait de son mode d'accession au pouvoir et de sa gestion clanique et mafieuse.
Deuxièmement, l'ACTE réitère qu'il est favorable à un dialogue républicain sans SassouNguesso. Un dialogue fondé sur les conditionnalités évoquées plus haut; et sur le bilan complet de la gouvernance du pouvoir actuel ces trente dernières années.
Le dialogue doit se faire sans lui qui de tout temps s'y est opposé par pure tradition du règne sans partage. La fin de son régime est une raison objective qui invalide sa présence dans toute assemblée discutant de l'avenir du pays.
Ce dialogue permettra de donner l'image d'une classe politique responsable. Ses conclusions, rapportables dans un mémorandum, seront communiquées à l'opinion et aux instances internationales pour accompagnement du processus politique post coup d'Etat.
Ce dialogue permettra de réhabiliter l'homme congolais dans sa dignité et de le libérer des griffes d'un système monstrueux qui a fait de lui un être dépendant et chosifié selon l'appartenance ethnique. A partir de là, l'image d'une classe politique responsable peut voir le jour.
Les conclusions de ce dialogue, rapportables dans un mémorandum, seront communiquées à l'opinion et aux instances internationales pour l'accompagnement du processus post coup d'Etat.
L'ACTE reconnaît que tous les partis ont en leur sein des courants et des personnalités rejetant le système. Il serait alors possible que ces courants acquis au changement se meuvent dans le sens d'une même dynamique de changement de régime autour d'un dialogue pour concevoir une transition républicaine d'où émergera une nouvelle ère démocratique.
En effet, le dialogue doit être un moment historique de consensus sur la république et pour le vivre ensemble dans la république.  
L'ACTE conçoit trois formes de dialogue républicain. D'une part, le dialogue inter régional pouvant aboutir à une république fédérale à partir des régions actuelles. D'autres part, le dialogue inter communautés sociologiques (Kongo-Lari, Tékés, Luango, Niboland, Ngala) pouvant donner lieu à une fédération des sociologies. Le dialogue entre les communautés sociologiques est justifié parce que une communauté nationale se conçoit à partir des hommes qui la composent. Nullement à partir des terres. Les terres sont des espaces naturelles et ne constituent pas en cela des espaces de souveraineté intrinsèque. La souveraineté est un attribut propre à l'humain qui l'exerce de droit inaliénable. Chez les bantu, l'humain appartient à une communauté sociologique. Dans le cadre d'un dialogue des sociologies, chaque sociologie apporte son sceau ou totem sacré et engage ainsi sa souveraineté pour aboutir à une fédération en cas d'entente; ou à une séparation en cas de divergences. Enfin, le dialogue sur des bases idéologiques et politiques, avec comme point d'ancrage, le rejet de toute forme de considération ethno-tribale dans le choix des dirigeants et à l'ascension sociale de nos concitoyens.
Fait à Paris, le 2 juillet 2015.
Pour l'ACTE, le Président
T.J. SENGA

vendredi 14 novembre 2014

Congo Brazzaville. Bernard Kolelas toujours présent dans l'esprit des Congolais

Hommage au Président fondateur du MCDDI pour l'oeuvre accomplie.
La  vision politique qui était la sienne est partagée  par plus d'un Congolais aujourd'hui  à savoir,  le respect des normes démocratiques dans notre pays.

En effet,  quand le pouvoir est  obtenu  sur  la base du mensonge et de la violence comme seule alternative pour y accéder, les conséquences sont irréparables. Bernard Kolelas avait vu juste. Conséquences,  le  Congo,  notre pays est livré aux prédateurs étrangers et autre reseau mafieux.

Au moment où nous célébrons  sa disparition,  nous devons méditer sur la portée de cette vision.
La participation du pouvoir actuel à cet événement est  d'une hypocrisie sans égal , car s' il avait écouté le leader Congolais Bernard Kolelas en 1997, les choses seraient moins insupportables.
Comme toujours, Mr Sassou a  très souvent une longueur de retard sur la plupart des évènements, même celui du Burkina Faso. Il est donc temps pour lui  de partir du pouvoir.

Face à cette situation,  le  MCDDI a le devoir  de proposer une Alternative politique au Congo. Les simples célébrations pour se souvenir uniquement de  Bernard Kolelas  sans exercer le pouvoir d'Etat, c'est envoyer aux oubliettes le travail  politique  de toute une vie de  notre Président.

Dignes héritiers de Ya Bekol, nous devons faire comme lui, être ouverts , tolérants  et ambitieux.
Pour  porter notre pays vers l'excellence démocratique,  le MCDDI doit s' organiser autrement et être ouvert afin qu'il suscite l'adhésion des Congolais. La réussite est à ce prix.

TJS

vendredi 31 octobre 2014

Burkina Faso. 48 heures chrono pour le "Printemps" Africain à Ouagadougou. Ce modeste article est dédié aux morts pour la démocratie au Burkina Faso. Ma solidarité est totale avec le peuple Burkinabé.





Au Burkina Faso, il a fallu 48 h pour faire partir du pouvoir M. Blaise Compaoré.

La population de ce pays a dit non aux éternelles modifications des textes  fondamentaux dont le seul but est de maintenir au pouvoir l'équipe dirigeante. Pour cette génération d'hommes politiques, le ridicule ne tue pas.
Ma crainte est d'entendre bientôt les "esprits bien-pensants" africains me sortir la théorie du complot qui consiste à faire porter la responsabilité de la chute de ce dictateur sur la France  plutôt que de féliciter les Burkinabés pour leur courage. Il est évident qu'aujourd'hui, les africains, notamment les jeunes ne veulent plus voir les mêmes têtes au pouvoir. 

L'aspiration à la démocratie et à l'Etat de droit devient pour cette  nouvelle génération  une exigence à la fois politique et sociale.

Aujourd'hui, le contraste est saisissant entre les revendications simples des opposants politiques et de la société civile  qui aspirent travailler dans un Etat de droit et la volonté  des dictateurs plus ou moins sanguinaires selon le pays à se maintenir au pouvoir par tous les moyens.

Pourtant, à mon humble avis, pour éviter ces insupportables drames, les choses sont simples, à savoir, on se fait élire (ou réélire) démocratiquement conformément aux textes fondamentaux du pays et ensuite on s'en va. 
Le drame actuelle du Burkina Faso aurait pu être éviter si M. Compaoré avait décidé de quitter le pouvoir dans de bonnes dispositions, épargnant ainsi la vie des Burkinabés. 

La situation  du Burkina Faso devrait interpeller les dirigeants du Congo Brazzaville. C'est le cas du premier d'entre eux  M. Denis Sassou Nguesso qui ne doit pas ignorer cette nouvelle donne politique Africaine avant d'écouter et de suivre aveuglément les sirènes d'amour de son entourage souhaitant son maintien au pouvoir par tous les moyens.

Le monde entier regarde l'Afrique centrale en général et le Congo Brazzaville en particulier car, pour reconquérir le pouvoir perdu en 1992, il a fallu pour M. Sassou Nguesso, passer par des phases criminelles jamais égalées.  

Les Congolais qui continuent de payer un lourd tribu de la période tragique 1997-2000 qui a fait des milliers de morts pour rien doivent se dire que l'espoir fait vivre au regard de la situation du Burkina Faso.
Mais pour faire partir du pouvoir le chef d'Etat actuel, espérer ne suffit pas. Les Congolais doivent en créer les conditions optimums. C'est un devoir moral.

TJS









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Consultant Formateur, chef d'entreprise